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Jean-Claude Chabloz

 

En période de session, chaque matin, Jean-Claude Chabloz, est l'un des premiers à arpenter les couloirs du Palais fédéral. "Je tiens à arriver très tôt pour souhaiter la bienvenue aux parlementaires, explique-t-il. C'est important, un sourire!" Pour être à son poste aux aurores, il prend ses quartiers, quatre fois par an, dans une caravane qu'il a parquée dans un camping des environs de Berne. Cet hiver, ce sexagénaire élégant a pourtant bousculé ses habitudes pour la première fois: "Il faisait vraiment très froid, alors des amis m'ont prêté un petit logement en ville." Mais en mars, il redeviendra "le pasteur à la caravane", comme l'appellent certains députés.

La trajectoire de Jean-Claude Chabloz ressemble à celle de nombreux prédicateurs évangéliques. Une éducation religieuse protestante suivie sans passion particulière, des projets professionnels ordinaires "je voulais travailler dans la banque, devenir riche" et soudain, dit-il, "le flash". Sa "rencontre avec Dieu" le transforme en un pasteur qui se consacre d'abord "aux petits", à ceux qui perdent pied, comme les jeunes drogués ou les détenus dont il s'est occupé pendant plusieurs années à Genève. Suivent des responsabilités pastorales en Valais, puis à Lausanne.

Mais comment se fait-il que Jean-Claude Chabloz figure sur la liste des lobbyistes accrédités au Palais fédéral? (24heures du 5 février) "Il y a cinq ans, confie-t-il, j'ai ressenti un besoin très fort de faire autre chose. Je ne voulais pas quitter le domaine de la foi, mais j'avais besoin de changement." Que faire? Jean-Claude Chabloz hésite et, en bon évangélique, il prie. Quand il rencontre Beat Christen, un laïc évangélique alémanique, qui prie pour et avec les parlementaires, il a sa réponse. "J'ai su que je devais, moi aussi, faire ça.". Actuellement, c'est un libéral vaudois qui le parraine: "Il me l'a demandé et je l'ai fait bien volontiers, parce que c'est un homme bien", explique Serge Beck, qui l'a rencontré il y a vingt-cinq ans au cours d'une campagne d'évangélisation.

Source: 24heure.ch